Cyclone Gelena – Alerte aux Alertes

février 16, 2019

Beaucoup de gens s’intrigue devant le beau temps relatif qui prévaut malgré une alerte 2 dans certaines régions à Maurice et une alerte 3 à Rodrigues. Si certains pensent que c’est anormal, d’autres, par contre, croient que ce sont de fausses alertes et tentent de se tourner vers des pseudo-météorologues pour en savoir plus. Comme c’est le cas de consulter des charlatans quand on n’arrive pas à comprendre quelque chose qui nous frappe ou à trouver une solution rapide à certains problèmes.

L’être humain est toujours impatient. Et pourtant la solution est entre ses mains. Il suffit de se mettre à jour avec les informations disponibles à travers des resources professionnelles.

Si le temps n’a pas détérioré c’est que les bandes actives des nuages dans le cyclone ne nous ont pas encore touché. Il faut comprendre qu’une alerte (quelque soit son niveau) ne veut pas forcément dire que le temps doit être mauvais ni que le mauvais temps va prévaloir aussitot l’alerte émise. Une alerte indique tout simplement, mais sérieusement, la probabilité ou l’imminence de l’effet d’un phénomène météorologique quelconque et le danger qu’il représente, dans le cas en question, un cyclone.

L’alerte, selon le système établi par la météo nationale, évoque surtout la probabilité des risques exprimée en termes d’heures avant l’avènement des rafales de l’ordre de 120 kmh. Le système d’alerte parle essentiellement de l’élément vent. D’autres détails concernant l’état, l’amélioration ou la détérioration du temps sont énoncés dans des bulletins de l’alerte.

Ainsi l’alerte 1 est émise 36 à 48 heures avant que les rafales atteignant 120 kmh n’ait la possibilité de nous affecter. C’est pour avertir la population et leur donner suffisamment de temps pour qu’elle commence à prendre des précautions, en terme de réparation si nécessaire, ravitaillement et autres, sécuriser les biens.

L’alerte 2 est émise autant que possible 12 heures de lumière du jour avant l’avènement de ces rafales pour permettre la consolidation des précautions prises.

L’alerte 3, quant à elle, est émise autant que possible 6 heures de lumière du jour avant. Elle annonce que l’affaire est très sérieuse et il faut compléter les précautions et se mettre à l’abri.

En ce qui concerne l’alerte 4, l’on peut dire que ce n’est pas tellement une alerte en soi. Car elle nous informe avec certitude que des rafales de l’ordre de 120 kmh ont été enregistrées à plusieurs endroits et vont persister durant le passage du cyclone. On doit rester à l’abri et ne sortir en aucun cas.

Il faut se méfier du passage de l’oeil du cyclone. Ceci est marqué par une accalmie temporaire faisant croire que le cyclone a déjà passé. Les vents violents venant du sens opposé de celui qui a prévalu avant vont s’abbattre juste après.

L’alerte est levée quand la météo ne prévoit aucun risque de rafales pouvant dépasser les 120 kmh.

Il faut aussi savoir que des bulletins de cyclone sont émis à interval de six heures durant l’alerte 1 et l’alerte 2, et toutes les trois heures en alerte 3. Et pendant l’alerte 4 des communiqués sont émis suivant l’évolution du cyclone.

Beaucoup de gens ignore les alertes et tente de braver les intempéries. C’est à leur propre risque et péril. Les conducteurs de véhicules doivent savoir, qu’à moins d’un contrat au préalable dans certains cas, l’assurance ne couvre pas des dommages causés par l’utilisation des véhicules pendant l’alerte 3 et et l’alerte 4. C’est pourquoi la météo va souvent annoncer l’imminence de l’alerte 3 environ deux heures avant son émission pour permettre aux gens de rentrer chez eux.

Pour de plus amples renseignements à consulter la météo ou son site web (http://metservice.intnet.mu)

 

Alfa King

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News Mauritius le 9 février2019.

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[RODRIGUES] – Phénomène météorologique distinct

avril 8, 2018

Une photo d’un phénomène météorologique (apparut dans les parages de Camp Pintade au nord-ouest de l’ile) affichée sur les réseaux sociauxm a donné lieu à toute sorte de spéculations. Si certains pensent que ça pourrait être l’effet du changement climatique, d’autres par contre, ébahis, sont plus scéptiques, croyant à l’apocalypse ou l’approche de la fin du monde. Surtout que l’ile a été copieusement arrosée pendant ces quelques jours donnant lieu à des radiers submergés, les rues et les habitations inondées.

C’est pour dire combien la rareté d’un phénomène, pourtant commum dans certaines régions du monde durant une certaine période de l’année, notamment l’été, peut révéler une méconnaissance des caprices du temps. Il s’agit du “trombe” ou “tornade”. Ces deux termes désignent la même chose.

Une tornade est un tourbillon de vents violents qui se développent sous la base d’un nuage d’orage, appellé cumulonimbus, et s’étend jusqu’à la surface de la terre. Une colonne d’air en forme d’entonnoir apparait dans un ciel sombre avec des nuages gris.

Le terme tornade est utilisé lorsque les tourbillions se produisent sur la surface terrestre où ils sont de forte intensité. Quand ce phénomène se produit en mer on l’appelle “trombe”, ou “trombe d’eau” dans le jargon local. On peut l’observer généralement dans les régions côtières à travers le monde.

Les trombes se développent dans les eaux chaudes de la mer quand l’air fraiche se déplace à travers les eaux, provocant une différence remarquable de température entre l’eau chaude et l’air fraiche envahissante. Elles sont petites (de quelques mètres à plusieurs dizaines voire centaines de mètres), de courte durée (de 2 à 20 minutes ou même plus dans certains cas) et moins dangereuses que les tornades terrestres. Elles se déplacent à une vitesse de 18 à 28 km/h.

Ces phénomènes sont occasionnés par les orages dans des conditions atmosphériques très instables. Dans ces cas la température décroit rapidement avec l’altitude et par rapport à une importante variation du vent avec l’altitude.

Les tornades par contre se déplacent à une vitesse d’environ 50 km/h, mais peuvent aussi dépasser les 100km/h. avec des vents pouvant atteindre au-delà de 400 km/h. Les dégats causés par une tornade peuvent êtres plus importants que ceux par un cyclone.

Comme les tornades, les trombes peuvent causer des dégats matériels immenses en emportant tout dans leur passage. Elles sont difficiles à prévoir. Il faut donc s’en méfier et rester à l’abri.

Selon les recherches dans ce domaine le lien entre les tornades ou trombes et le changement climatique est encore flou à ce stade. Il n’est pas question non plus d’apocalypse, puisque c’en est un parmi d’autres phénomènes météorologiques avec le potentiel de destruction considérable.

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News le 7 avril 2018.


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