Cyclone Gelena – Alerte aux Alertes

février 16, 2019

Beaucoup de gens s’intrigue devant le beau temps relatif qui prévaut malgré une alerte 2 dans certaines régions à Maurice et une alerte 3 à Rodrigues. Si certains pensent que c’est anormal, d’autres, par contre, croient que ce sont de fausses alertes et tentent de se tourner vers des pseudo-météorologues pour en savoir plus. Comme c’est le cas de consulter des charlatans quand on n’arrive pas à comprendre quelque chose qui nous frappe ou à trouver une solution rapide à certains problèmes.

L’être humain est toujours impatient. Et pourtant la solution est entre ses mains. Il suffit de se mettre à jour avec les informations disponibles à travers des resources professionnelles.

Si le temps n’a pas détérioré c’est que les bandes actives des nuages dans le cyclone ne nous ont pas encore touché. Il faut comprendre qu’une alerte (quelque soit son niveau) ne veut pas forcément dire que le temps doit être mauvais ni que le mauvais temps va prévaloir aussitot l’alerte émise. Une alerte indique tout simplement, mais sérieusement, la probabilité ou l’imminence de l’effet d’un phénomène météorologique quelconque et le danger qu’il représente, dans le cas en question, un cyclone.

L’alerte, selon le système établi par la météo nationale, évoque surtout la probabilité des risques exprimée en termes d’heures avant l’avènement des rafales de l’ordre de 120 kmh. Le système d’alerte parle essentiellement de l’élément vent. D’autres détails concernant l’état, l’amélioration ou la détérioration du temps sont énoncés dans des bulletins de l’alerte.

Ainsi l’alerte 1 est émise 36 à 48 heures avant que les rafales atteignant 120 kmh n’ait la possibilité de nous affecter. C’est pour avertir la population et leur donner suffisamment de temps pour qu’elle commence à prendre des précautions, en terme de réparation si nécessaire, ravitaillement et autres, sécuriser les biens.

L’alerte 2 est émise autant que possible 12 heures de lumière du jour avant l’avènement de ces rafales pour permettre la consolidation des précautions prises.

L’alerte 3, quant à elle, est émise autant que possible 6 heures de lumière du jour avant. Elle annonce que l’affaire est très sérieuse et il faut compléter les précautions et se mettre à l’abri.

En ce qui concerne l’alerte 4, l’on peut dire que ce n’est pas tellement une alerte en soi. Car elle nous informe avec certitude que des rafales de l’ordre de 120 kmh ont été enregistrées à plusieurs endroits et vont persister durant le passage du cyclone. On doit rester à l’abri et ne sortir en aucun cas.

Il faut se méfier du passage de l’oeil du cyclone. Ceci est marqué par une accalmie temporaire faisant croire que le cyclone a déjà passé. Les vents violents venant du sens opposé de celui qui a prévalu avant vont s’abbattre juste après.

L’alerte est levée quand la météo ne prévoit aucun risque de rafales pouvant dépasser les 120 kmh.

Il faut aussi savoir que des bulletins de cyclone sont émis à interval de six heures durant l’alerte 1 et l’alerte 2, et toutes les trois heures en alerte 3. Et pendant l’alerte 4 des communiqués sont émis suivant l’évolution du cyclone.

Beaucoup de gens ignore les alertes et tente de braver les intempéries. C’est à leur propre risque et péril. Les conducteurs de véhicules doivent savoir, qu’à moins d’un contrat au préalable dans certains cas, l’assurance ne couvre pas des dommages causés par l’utilisation des véhicules pendant l’alerte 3 et et l’alerte 4. C’est pourquoi la météo va souvent annoncer l’imminence de l’alerte 3 environ deux heures avant son émission pour permettre aux gens de rentrer chez eux.

Pour de plus amples renseignements à consulter la météo ou son site web (http://metservice.intnet.mu)

 

Alfa King

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News Mauritius le 9 février2019.

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Politique – Construire l’Ile Rodrigues de demain

février 16, 2019

 

“Nous ne voulons pas d’une autonomie panadol”

“Le PMSD n’a pas de place dans le paysage politique Rodriguais.”

Huit ans de hauts et de bas; huit ans de combat; mais huit ans de perséverance, en dépit d’un court moment d’hibernation. Le Front Patriotique Rodriguas (FPR), formé sous le leadership de Johnson Roussety, ancient Chef Commissaire, suite à une dissidence avec son parti d’antan, le Mouvement Rodriguas (MR), a vu le jour le 1er février 2011 à Saint François, selon ses dirigeants.

Un parti qui, depuis peu, est devenu le FPRe (e pour écologique pour symboliser qu’il veut mener une politique écologique et saine avec des actions qui tiendront en compte l’impacte écologique et environnemental). Mais la vision reste la même: l’autodétermination, d’après Johnson Roussety qui intervenait vendredi le 1er février 2019 lors de la célébration du 8ème anniversaire de son parti à l’hôtel Les Cocotiers, Anse aux Anglais devant une assistance de pas moins de 100 personnes sur le thème de “Construire l’ile Rodrigues de demain”.

Johnson Roussety n’a pas maché ses mots: “Nous ne voulons pas d’une autonomie panadol. Il y des défis qui nous guettent. Nous voulons d’un vrai système de gouvernement décentralisé où le Rodriguais pourra générer son propre budget et implémenter ses propres règlements et sa propre politique.

Il a fustigé le gouvernement régional dirigé par l’OPR (Organisation du Peuple Rodriguas) pour être, selon lui, “en déphasage avec ses mandants”. Il juge sa gestion des affaires comme étant catastrophique et minée par des scandales. Il pense que l’économie est au ralenti et le pays recule avec des problèmes qui accumulent de jour en jour. Il a cité pour exemple le problème de l’eau, de dialyse à la santé, l’allocation de terrains aux “grands missiers”, des projets et permis bloqués au detriment du petit peuple, qui sont, selon lui, discriminatoires.

Mais il a aussi critiqué l’opposition pour ce qu’il considère être son inertie face aux défis et souffrances des Rodriguais. Il tient le leader du MR, Nicolas Von Mally, pour responsable pour tout le mal qui prévaut dans l’ile. Ceci parce que, d’après lui, celui-ci manque de programme et de stratégies pour la défence des plus faibles, ce qui a contribué, selon lui, à la défaite du MR aux élections régionales de 2017.

En ce qui concerne le PMSD, Johnson Roussety a été on ne peut plus clair. “PMSD péna place dans le paysage Rodriguais. Rodrigues ine changé beaucoup,” dira-t-il. Mais il concède avoir, en bon citoyen et pour la courtoisie, rencontré son leader Xavier Luc Duval lors de sa dernière visite dans l’île.

Il se dit déterminé à continuer le combat et “travail pour tire pays dans so stade ki li été et amene li pli divant; nous tomber lever ensemble.” Il souhaite consolider le parti avec une communication améliorée afin d’être à l’écoute des Rodriguais, raison pour laquelle, dira-t-il, il a ouvert un bureau à Port Mathurin.

A l’issue de la fonction, qui était presidée par Lordana Meunier, on a procédé à la traditionnelle “coupe gato l’anniversaire”.

 

Alfa King

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News Mauritius le 2 février2019.


Un Prélude au Premier Trail de l’Année

janvier 31, 2019

La Rodrigues Trail Association (RTA) lance son premier trail de l’année. Le “Trail Sampyé” est prévu pour le dimanche 3 février.

Les dirigeants espérent réunir environ 250 participants dans les différents parcours, le “Kids trail (2 km), le “trail court” (12 km) et le “long trail” (20 km).

Le départ sera donnée à partir du terrain de football de La Ferme. L’arrivée est prévue au réserve tortue Francois Leguat en passant par Piments, Baie Topaz et longeant l’aéroport et la station de dessalement des alentours.

Les participants éventuels peuvent s’inscrire aussitot que possible, en tout cas avant le 3 février auprès de l’office du tourisme à Port Mathurin, Mengoz Snack à Mont Lubin, Cader Commercial Centre à La Ferme, Le réserve Francois Leguat à Anse Quitor ou encore auprès du Trésorier, Arnaud Meunier par whatsapp sur le numéro 52508816.

Rappelons que la RTA vient de renouveler son équipe dirigeante le samedi 19 janvier dernier. Le bureau éxécutif s’est constitué comme suit:

President ………. Damien Allas

Vice President…. Michael Allet

Secretaire………. Carleen Gentil

Asst secretaie…… Menery François

Tresorier………… Arnaud Meunier

Asst Tresorier…… Clerino Edouard

Membres………… Jean Claude Ah Kang, Hamman, Rony Roussety, Joelle, Henrico Louis, Henri Ally et Ingrid Allet

Auditeurs……….. Gary Collard et Rosy Félicité

Toute personne voulant adhérer à l’association peut le faire comme suit:

S’enregistrer comme membre simple avec un droit d’entrée de Rs 100 et une contribution de Rs 175 pour chaque trail auquel elle compte partciper.

Ou alors comme “premium member” avec un droit d’entrée de Rs 100 et une contribution unique de Rs 1050 qui donne droit à la participation dans tous les trails de l’année sans frais additionnel.

Le droit de participation pour un non-membre s’élève à Rs 225 par trail.

A noter qu’à partir de cette année un “Premium membership card” avec le logo de l’association sera remis aux membres éligibles.

Il faut savoir qu’il y a tout un travail avant la tenue d’un trail avec l’organisation, le balisage des parcours, l’impression des médailles et autres arrangements administratifs. C’est très onéreux d’où la raison d’être des frais de participation, selon les dirigeants.

Le calendrier pour 2019 s’étabit comme suit:

Dimanche 3 fevrier Trail Sampye
Samedi 2 Mars Golden Bat Night Trail
Dimanche 31 Mars Trail Cardinal Jaune
Dimanche 5 Mai MCB-Port Mathurin
Dimanche 2 Juin Trail Garlet
Dimanche 30 Juin Trail Fauvette
Dimanche 18 Aout Championnat de Rodrigues
Dimanche 8 Septembre Trail Trouloulou
Dimanche 29 Septembre Trail Zernye
Dimanche 3 Novembre Trail de rodrigues (International)

Quel que soit votre parcours de prédilection, retenez bien les dates et bonne chance.

 

Alfa King

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News Mauritius le 30 janvier 2019.


Le Coq dans la Basse-cour Rodriguaise

janvier 31, 2019

“Bizin arête gagne peur. Rodrigues pas tout seul zordi, parski PMSD ensemble avec zotte”

“Vu l’absence de voix de l’opposition au parlement, le PMSD se veut être le soutien au Rodriguais et leur porte parole à l’Assemblée Nationale”

“Quand ou alle talle la main dans Port Louis, ou péna l’autonomie. Ou dépendant. Nous oulé ene Rodrigues 100% autonome.”

Salle comble ce mercredi 23 janvier pour le premier congrès du PMSD à Hermitage, Port Sud Est. Le parti du coq marque sa présence à Rodrigues

Devant un parterre enthousiaste d’environ 400 personnes le leader du PMSD et leader de l’opposition, Xavier Luc Duval et le secrétaire-général du parti, le Dr Mahmood Khodabaccus ont martelé: “Bizin arête gagne peur astere. Rodrigues pas tout seul zordi, parski PMSD ensemble avec zotte.”

Rodrigues appartient au Rodriguais, ont-ils maintenu. Et de poursuivre que le PMSD sera là pour les aider à combattre leur souffrance. Il y aura, selon leurs dires, des candidats Rodriguais aux élections nationales aussi bien que régionales. “PMSD pas pé vine la pour faire geste. Nous pas pé vine la pou perdi ou letemps. Nous pé amene nous l’expérience et nous soutien. Rodrigues pour Rodriguais. Prend zotte pays dans zotte la main.

Pour le leader des bleus, Rodrigues n’est pas autonome: “Quand ou alle talle la main avec Port Louis, ou péna l’autonomie. Ou dépendant. Nous oulé ene Rodrigues 100% autonome.” Et cette autonomie, selon lui, passe nécessairement par le développement dans tous les secteurs de l’économie, le port, l’aéroport, l’éducation, la santé, la gestion de l’eau (jugé catastrophique), la santé et autres, le tourisme.

Les dirigeants ont longuement parlé de la contribution de feu Sir Gaetan Duval dans le développement et l’épanouissement de Rodrigues, surtout dans le domaine du tourisme. C’est à lui qu’on doit le droit de vote à Rodrigues pour avoir mené un combat légal dans ce sens, dira son fils.

En tant que leader de l’opposition Xavier Luc Duval dit constater plusieurs manquement dans la gestion de l’ile, à l’instar du secteur de l’eau avec un système de dessalement qui laisse à désirer, la santé avec des pannes fréquentes des appareils de dialyse, la baisse dans le pourcentage de réussite aux examens de la SC, la gestion de la fièvre aphteuse, et la pêche entre autres.

Selon Xavier Luc Duval, les deux députés de Rodrigues à l’Assemblée Nationale ne sont que comme des appendices au gouvernement central. Rodrigues a besoin d’une voix dans l’opposition pour que les problèmes des Rodriguais soient entendus au parlement. Le PMSD sera là comme un soutien et le porte parole des Rodriguas à l’Assemblée Nationale.

Le leader n’a pas été tendre envers le chef commissaire dont le nom a été cité dans le rapport de la Commission Lam Shang Leen sur la drogue. Il a insisté qu’il doit y avoir une enquête pour en savoir plus.

Il a eu une pensée particulière pour les milliers de Rodriguais qui ont dû quitté leur ile natale en quête d’une meilleure opportunité à Maurice et ailleurs. “Mon souhait c’est que les Rodriguais qui ont quitté l’ile, faute d’emploi, et qui sont obligés de vivre dans des situations précaires à Maurice, retournent ici. Certes beaucoup ont reussi, mais il y a pas mal qui vivent dans des conditions pour le moins difficiles et inhumaines dans des taudis,” dit-il constater avec peine.

Pour conclure le leader s’interrogera: “Quand nous pou capave juger ki vraiment ine réussi dans rodrigues?  Et dira que “Nous a juge succès Rodrigues en tant ki ene l’ile, en tant ki ene region, kan sa bane Rodriguais ki Moris la par zotte meme zotte décider pou retourne ici parski ici éna prospérité, ici éna la joie, ici éna bonheur, ici éna l’avenir pour zotte.” Ce sera, selon lui, “mission accomplie” pour le PMSD.

Pour lui, si les Seychelles, à peine plus grand que Rodrigues et plus petit que Maurice avec une population d’environ 90,000 ames, ont réussi pourquoi pas Rodrigues? “Ou capave compte lor moi pour ene soutien et ene présence accrue ici.” La réussite, conclura-t-il, passe par la réforme dans tous les secteurs et le PMSD sera là à veiller à ce que tout se passe comme il se doit.

A l;issue de la réunion il a eu droit à un bain de foule et des accolades.

 

Alfa King

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News Mauritius le 25 janvier 2019.

24 janvier 2019


Constat et Souhait

janvier 31, 2019

Au dernier virage de la dernière ligne droite finale de 2018, l’année semble avoir passé à vitesse de lumière. Non sans heurts.

Cependant beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Beaucoup d’agitations aussi autour du style de gestion du présent gouvernement. Des projets gouvernementaux, pour le moins opaques, imposés sur la population.  Des projets, que d’aucuns prétendent, ne figuraient pas dans le programme gouvernemental qui a conduit a son élection en décembre 2014. Escroquerie?

Les actionnaires de la défunte BAI laissés sur la touche. Au même moment certains décideurs empochent des millions. Des souscripteurs des différents produits de ce groupe toujours dans la tourmente. Un coglomérat démantelé pour des raisons occultes, même “confisqué” (vu la façon et le timing de l’opération) et vendu pour “du pain du beurre”, serait-on tenté de le dire dans le jargon local. On attend toujours les conclusions de la Commission sur la vente de Britam, avec ou sans la déposition du principal concerné, l’ex-Président Emérite du groupe, Dawood Rawat. Une tentative d’écouter ce qu’il avait à dire a capoté, pour des raisons encore floues aux yeux du grand public.

Pendant ce temps certains ministres et autres politiciens se voient offrir des largesses à coup de millions. Des notables proches du pouvoir nommés aux postes avec des rémunerations mirobolantes tandis que le petit people doit se contenter des miettes. Des officiers de police mutés pour avoir, semble-t-il, fait leur travail consciencieusement. Tentative d’amender la constitution pour mieux se placer ou s’accrocher au pouvoir, tandis qu’au même moment l’innondation fait des victimes dans des endroits à risques. Des endroits que l’on connait déjà comme étant vulnérable, mais que l’on a tendance à négliger au grand dam du dicton “gouverner c’est prévoir”.

On apprend aussi durant cette année que bien moins d’emplois ont été crées, selon Statistics Mauritius, entre 2015-2017 (14 300, dont seulement 6 600 pour les femmes) qu’entre 2012-2014 (30 300, dont 18 000 pour les femmes). Et dire qu’on est en train de tout faire pour promouvoir la condition feminine.

Quatre ans déjà, et voilà qu’on se voit flanqué de dettes de plus de Rs 310 milliards de roupies (soit 64.2% du PIB) au 30 septembre 2018, selon une analyse de Pluriconseil publiée récemment. Ces dettes qui tournaient autour de Rs238 milliards (61.6% du PIB) au 31 décembre 2014! Un bilan qualifié de lourd, avec une dette  d’environ Rs 300,000 sur la tete de chaque citoyen mauricien. De quoi faire frémir.

Avec autant de copains politiques en situation encombrante, et non des moindres, ministre, et autres, cités dans le rapport de la Commission sur la drogue (certains ont du démissioner de leur postes), sans compter le nombre de rémission ou diminution de peine pour certains notoires, le slogan “mo pou casse lérein mafia” devient de plus en plus creux.

La liste serait trop longue pour énumérer tous les frasques pour le besoin de cet article qui se veut un constat sommaire pour essayer de trouver une voie de souhait pour l’année à venir.

A chaque fin d’année c’est coutumier de souhaiter tout le meilleur pour l’année suivante. On ne va pas déroger à ce principe. Mais dans le contexte précité que peut-on espérer, sinon de se poser la question: “Est-ce qu’on n’est pas en train de se diriger vers une catastrophe économique?”

A un moment ou on parle beaucoup  d’héritage écologique pour la génération future, a-t-on fait le bon choix pour l’avenir économique?

En tout cas tout ce qu’on peut souhaiter c’est que nos dirigents prennent conscience et réctifient le tir. L’égo politique doit laisser la place au souci économique pour le bien-être justement de la génération à venir. Les projets de prestige, quoique pas mauvais pour le développement technologique du pays, ne feront qu’aggraver la situation si on s’obstine à faire fi du voeu et du besoin immédiat et effectif de la population. On ne peut qu’espérer que le nouvel an apporte un nouveau souffle pour un meilleur avenir.

Bonne année.

 

Alfa King

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News Mauritius le 31 decembre 2018.

31 décembre 2018


Musclé là-bas; Muselé ici

décembre 7, 2018

Crédit photo: laprovence.com

Leurs actions se sont avérées payantes, chez notre voisine, l’île de la Réunion. Plusieurs jours de mobilisation, de manifestations et de blocage des routes sur des points stratégiques. Et voilà que les “gilets jaunes”, nom par lequel est connu ce mouvement populaire dans la république française, ont obtenu le gel de la taxe sur le carburant pour trois ans.

C’était une de leurs principales revendications autour la hausse continue du coût de la vie. Mais l’issue de la mobilisation avec cette “victoire”, n’a pas été sans heurts. La situation s’est vite dégénérée d’une façon sporadique et a gagné divers régions urbaines. Les “gilets jaunes” nient toute responsabilité dans les violences qui ont suivi leurs actions qu’ils considèrent pacifiques, disant qu’il y en a qui veulent profiter de la situation pour semer la confusion.

Et pour cause. Certains semblent avoir profités de ces manifestations pour casser, piller, saccager et incendier des commerces. Ceux-là sont ceux que l’on reconnait comme des jeunes délinquants ou chômeurs, cagoulés, armés et souvent sous l’influence de l’alcool. On les surnomme dans la conjoncture les “gilets noirs”. Ils sont considérés “socialement pauvres” et vulnérables.

On estime que pas moins de 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté a l’île soeur. Le chômage, lui, tournerait autour de 20 %, de quoi occasionner une situation explosive.

La situation était devenu telle que le préfet a dû avoir recours au couvre-feu durant trois jours de 21h à 6h dans pas moins de14 communes les plus touchés sur les 24. Il a même dû faire appel aux renforts qui sont arrivés de Mayotte.

Le président Emmanuel Macron, pour sa part, se veut intraitable: “Nos militaires seront mobilisés pour rétablir l’ordre public. Nous serons intraitables car on ne peut pas accepter les scènes que nous avons vues».

En métropole justement cette mobilisation qui avait débuté avec au moins 300,000 manifestants le 17 novembre a, au fil des jours, diminués de son ampleur pour ne compter qu’environ 5000 aux dernières nouvelles de ce jeudi 22 novembre. Et ce en attendant le rendez-vous de 24 novembre à Paris.

Tandis qu’à Maurice la population “bon enfant” agit en spectateur face à des situations qui la rendent vulnérable. Et pourtant le prix du carburant est tout aussi un sujet qui divise. Mais le problème chez nous est beaucoup plus politique.

Au début de l’année on a été témoin d’une mesure allant dans la direction de l’allègement de la pauvreté avec l’instauration du salaire minimum, établit à Rs 8500 par mois. Une mesure dont le principe a été attendu depuis assez longtemps par les syndicats et qui a donc ouvert la voie à d’autres revendications un vue d’améliorer le niveau de vie des citoyens. L’alignement de la pension de vieillesse en est une qu’on parle de plus en plus. Les politiciens en savent quelque chose car cette frange de la population constitue un atout majeur pour les élections.

Le chômage ne semble nullement alarmant avec un taux de 7% et un nombre croissant des PMEs qui contribuent 54.6% à l’emploi et 40% au produit intérieur brut, d’après Statistics Mauritius. Ce qui est de loin meilleur que celui de l’île française.

Mais ce qui inquiète la population chez nous en ce moment, parmi tant d’autres, c’est la démarche du gouvernement en place de durcir la loi en ce qui concerne les contenus en ligne. Ainsi tout contenu qui serait susceptible de donner lieu à: “annoyance, humiliation, inconvenience, distress and anxiety” pourrait être passible de poursuite et d’une peine d’emprisonnement de 10 ans, le double de ce qui était prévu auparavant.

Cette démarche a été condamnée par Reporteurs Sans Frontières qui considère ses modifications comme étant “dangereuses à l’approche des élections législatives”, vu la nature vague des provisions y relatif. Il suffit que quelqu’un soit “annoyed, humiliated, etc” sans avoir à démontrer l’intention de nuire, et les carottes sont cuites pour l’auteur, qui peut être n’importe qui, du simple citoyen au journaliste qui ferait son boulot selon son étiquette.

Mais il y a certainement d’autres sujets de préoccupation comme les inconvénients causés aux citadins et autres, voyageurs par les travaux en vue de mettre sur les rails le plus rapidement possible le métro express, un projet tant décrié par la population vu l’opacité autour du contrat. Sans compter l’arrogance apparente de certains au pouvoir qui semblent faire fi de l’attente des citoyens.

L’action du citoyen mauricien a donc été largement restreinte, ce qui expliquerait dans une certaine mesure sa passivité. Si nos voisins réunionnais ont adopté une attitude musclée, ici on est tout simplement muselé.

Alfa King

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News Mauritius le 22 Novembre 2018.

A propos de l’auteur
Mauricien résident à Rodrigues, Alfa King ( Amanoola Khayrattee, de son vrai nom) est contributeur bilingue chez This Week News Mauritius. Retraité, ancient syndicaliste et consultant en matière d’hygiene-sécurité au travail, il a été éditeur de journal syndical. Ainsi il a écrit  divers articles déstinés aux publications et magazines internes y compris la presse locale. Il blogue depuis 2007. Alfa King Memories est son blog en anglais.

La fille du Charpentier – Revue Littéraire

décembre 7, 2018

Je me suis battue toute ma vie et je me bats toujours contre l’injustice”. La “fille du Charpentier” est l’exemple de réussite fulgurante d’une “créole métisse descendante d’esclave” qui a osé défier les grands patrons blancs pour leur discrimination à l’égard des enfants “noirs” qui n’avaient pas droit à “l’autobus des riches”.

L’autobiographie de Marie Danielle Selvon, avocate, psychologue et parlementaire, mène le lecteur dans l’univers du temps longtemps. Cette période de notre histoire dominée, dans une grande mesure, par l’oligarchie sucrière et où c’était coutumier de se réunir les soirs, comme dit l’auteure, “autour du réchaud de charbons ardents” pour savourer des histoires mystérieuses, en particulier celles des fantômes, avant d’aller se coucher; ces histoires qui nous “gardaient du monde matériel et nous faisaient oublier les soucis mondaines”. Cela me rappelle de mon enfance comme bon nombre de gens originaires des fins fonds des villages lointains. Cette vie combien précaire mais combien heureuse dans une cohésion familiale extraordinaire, loin des tumultes quotidiens d’aujourd’hui.

Riche de son expérience en tant que psychologue et ses rencontres avec des “guérisseurs et chamans” dans différents pays du monde où elle a vécu avec sa famille, l’auteure fait un survol des traditions spirituelles en guise d’une tentative d’explication des phénomènes paranormaux à l’instar de “loups-garous”, de “ministre prince” et de “touni minuit”, sans oublier les activités occultes des “longanistes”, mages et devins.

L’auteure illustre la dure réalité des gens qui ont connus la misère dans les “bitations”. C’est une sorte de réminiscence pour ceux qui ont vécu dans une situation où le seul gagne-pain était le papa, avec une rémunération dérisoire pour subvenir aux besoins d’une famille nombreuse. C’est aussi un rappel à ceux qui sont nés avec une cuillère à la bouche que la vie n’est pas toujours en rose pour tout le monde. Si on arrive à comprendre cela, on pourrait mieux être au service des plus démunis.

Et Danielle Selvon l’a bien cerné cette inégalité de chances. Pour elle, “la pauvreté ne doit pas être une excuse au progrès et la réussite dans la vie”. Si on veut on peut, et ce n’est pas l’auteure qui dira le contraire. “Je n’ai jamais cru dans ma vie que la pauvreté serait une bonne excuse en toutes circonstances”. Quelle belle leçon!

Cette autobiographie démontre, s’il le fallait, comment, malgré la précarité, on peut sortir de l’ornière suivant sa volonté ou sa rage de réussir. A lire la “fille du Charpentier” on se rend compte de l’exemple qu’elle donne en tant que femme issue d’une famille vivant dans un camp sucrier.

C’est un récit terre à terre. L’auteure se révèle être une patriote au passé difficile, étant fille de charpentier dans l’industrie sucrière de Médine, mais qui a la détermination ferme d’oeuvrer pour l’amélioration du sort de ses concitoyens ayant une origine semblable. Elle se dit fière d’être descendant d’esclave, mais aussi fière du surnom de “Tabardaine” qu’on lui donnait jadis. Et pour cause. Dès son jeune âge elle se révolte contre la discrimination raciale et communautaire.

Cette publication de Vérone Editions de 192 pages, esquisse aussi le combat social et politique de l’auteure qui se veut être la “voix des sans-voix”, comment elle a emboité le pas de la politique et devenue députée. Elle nous donne aussi un aperçu de ses interventions au parlement, surtout en ce qui concerne la drogue, notamment le cannabis ou l’auteure fait état des mensonges autour de son utilisation à Maurice.

Inlassable dans son combat contre le communalisme, le racisme, l’injustice, la discrimination contre les femmes et pour une meilleure distribution de la richesse, elle appelle à la révolution pacifique pour un changement radical de la constitution du pays visant à éradiquer le fléau du communalisme et du racisme: “Que les Mauriciens se soulèvent contre l’injustice et une culture de contre-vérités”. Ou encore: “Il faut une vraie révolution pour mettre fin au « silence des agneaux » et pour un peuple mauricien qui détiendra les leviers pour un vrai contrôle constitutionnel et démocratique de l’exécutif – ce qui n’existe pas pour l’heure”, dira-t-elle dans son autobiographie qu’elle dédie à toute sa famille et à ses parents, mais aussi à “tous les descendants d’esclaves et de laboureurs engagés”.

Ce livre résume aussi la devise de l’auteure de “lutter, toujours et encore, face à une vie qui n’est faite que de défis à relever et d’obstacles à franchir”. Il fait une esquisse de la réalité mauricienne telle que vécut par l’auteure. Il sert comme un guide pour ceux qui veulent faire une incursion dans” letemps margoze”. Il porte un peu plus d’éclairage à ceux qui croient dans le combat que représente la vie. Un livre à lire pour son apport historique de la vie mauricienne dans les villages défavorisés.

Bonne lecture.

Alfa King

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News Mauritius le 16 Ocobre 2018.

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A propos de l’auteur

Mauricien résident à Rodrigues, Alfa King ( Amanoola Khayrattee, de son vrai nom) est contributeur bilingue chez This Week News Mauritius. Retraité, ancient syndicaliste et consultant en matière d’hygiene-sécurité au travail, il a été éditeur de journal syndical. Ainsi il a écrit  divers articles déstinés aux publications et magazines internes y compris la presse locale. Il blogue depuis 2007. Alfa King Memories est son blog en anglais.


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