Trail de Rodrigues – 9eme Edition

novembre 5, 2018

Moi (à gauche) avec mon ami

Hier c’était la 9eme édition du trail de Rodrigues. Cet évènement international annuel a vu la participation de plusieurs milliers de personnes sur différents parcours, 50 km, 25 km, 15 km et 7 km. J’avais pris part dans celui de 7 km en catégorie vétéran 3M tout comme mon ami Mario Dumont.

Sur les 108 participants dans notre categorie, Mario a franchi la ligne d’arrivée en 6ème position en 01h00m23s, et moi en 8ème en 01h03m15s avec une vitesse moyenne de 6.96 km/h et 6.64 km/h respectivement. On a eu droit à une médaille de participation.

Pour notre première participation on a toutes les raisons d’être satisfait. Tous nos remerciements au Rod Trail Association, mais surtout à Michael et Ingrid Allet qui nous avaient encouragé de participer.

J’ai hâte du prochain trail prévu pour le 2 décembre.

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Ni Oisif, Ni Vorace

juillet 20, 2018

Vivre là où l’âge n’est qu’un état d’esprit; là où l’homme et la nature ne font qu’un

Imaginez un instant si vous pouviez vivre jusqu’à, tenez-vous bien, 145 ans. Sans maladies, telles que nous les connaissons dans notre société moderne. Sans diète, ni obésité. Si vous pouviez, malgré un âge avancé, vaquer aux occupations journalières consistant à faire des efforts considérables à parcourir au moins 15 à 20 kms par jour sans se plaindre sur des terrains montagneux. Et vivre là où l’âge n’est qu’un état d’esprit; là où vous avez le contrôle du temps, au lieu d’être à la merci du temps; là où vous êtes en parfaite communion avec la nature. En parfaite harmonie, loin des tohu-bohus des villes modernes. Ça vous dit?

Et bien c’est le cas d’une tribu vivant dans le fin fond des vallées lointaines, là-bas dans les hauteurs de l’Himalaya entre l’Inde et le Pakistan. Une tribu, une vie, une spécificité, pour le moins, enviable; un peuple d’environ 30000 âmes qui ne se considèrent jamais vieux. Ils se disent jeunes à 70 ans et peuvent vivre jusqu’à 145 ans avec un âge moyen de 90 ans. Ils ont la capacité de procréer à 90 ans pour les hommes et 65 ans pour les femmes. Ils jouissent d’une parfaite forme de santé, complètement ignorants des maladies communes chez nous. Ils ne cannaissent pas les soucis cardiaques ni l’hypertension, ni le cancer; encore moins le diabète, l’obésité et autres, maladies non trasmissibles.

Eux ce sont les Hunzas connus plus précisément comme les “Hunzakuts”. Ils sont apparemment les descendants de quelques guerriers ayant déserté l’armée d’Alexandre Le Grand plus de 2000 ans de cela, et s’étant refugiés avec leurs épouses persanes dans ces vallées paradisiaques.

Ainsi est racontée l’histoire.

La vallée des Hunzas, surnommée “l’oasis de jeunesse”, “l’oasis de la tolérance” ou encore “l’oasis de la sécurité”, s’étend sur une superficie d”environ 7900 km2 et à une hauteur de pas moins de 2500 mètres dans l’extrémité nord du Pakistan. Elle a comme ville principale le Karimabad, autrefois connue sous le nom de Baltit.

Là, comme dirait Charles Baudelaire: “tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté”.

Si l’on s’en tient aux caractéristiques de la vie de cette tribu antique, on réaliserait combien la civilization moderne a été le fossoyeur de son propre destin. Avec toutes nos richesses matérielles nous sommes toujours à la recherche du mieux vivre, alors que les Hunzas nous apprennent comment ils ont pu préserver leur santé et leur bien-être d’une façon naturelle en pleine harmonie avec leur environnement.

Le mode de vie des Hunzas avait longtemps intrigué les chercheurs. Ainsi en novembre 1921 le Docteur Robert Mac Carrisson, un médecin écossais, qui voulait en savoir plus, est parti voir sur place ce qui pouvait différentier notre mode de vie à celui des Hunzas. Il a vécu pendant 7 ans parmi cette tribu dans des conditions des plus difficiles. Par la suite, le Docteur Jay M Hoffman a aussi effectué un voyage dans ces vallées pour essayer de comprendre ce qu’il y a derrière la longévité flatteuse de cette tribu. Les expériences de ceux-ci, mais aussi celles d’autres scientifiques qui y ont vécu, permettent de mieux cerner la vie de ces gens, une vie très rustique.

Alors qu’à Maurice l’espérance de vie semble être de 71 ans pour les hommes et 78 ans pour les femmes (d’après les chiffres disponibles dans le Health Statistics Report de 2016), et les principales causes de décès précoces attribuées aux problèmes cadiovasculaires, le diabète et le cancer, chez les Hunzas c’est une toute autre histoire. Même chez leur voisin, le Pakistan, l’espérance de vie tourne autour de 67 ans. Comment expliquer?

Les résultats des recherches du Dr Jay M Hoffman publiés en 1968 dans le Secrets of the world’s healthiest and oldest living people nous fournissent des indices intéressants quant à la santé florissante et la longévité incroyable des Hunzas. Ainsi être jeune ou vieux, c’est essentiellement un état d’esprit. Les Hunzas ont une autre interprétation de la vieillesse. Pour eux, c’est la maturité; la maturité croissante du corps et de l’esprit. Ils estiment l’âge en fonction des talents qu’ils ont acquis. C’est une idée réjouissante que d’avoir un an de plus à chaque fois. Pour eux la retraite n’existe pas. Trois périodes marquent leur existence: les années jeunes, pour ceux ayant jusqu’à 50 ans, suivi des années moyennes jusqu’à 80 ans. Au delà de 80 ans c’est l’âge d’or. Ils vivent l’instant présent sans l’inquiétude du futur ni le poids du passé. Ils cultivent l’optimisme et la bonne humeur. Ils travaillent à leur aise, sans tension ni stresse pour un rien du tout qui, disent-ils, entraine la perte d’énergie.

Initialement pillards du fait des conditions de vie difficiles au début, les Hunzas sont des gens pacifiques et jouissent d’une forme physique exceptionnelle. Ils vivent de l’agriculture et de l’élevage. Ils sont forts et résistants. Ils peuvent effectuer des travaux physiques pendant plusieurs heures sans fatigue même s’ils doivent gravir des pentes considérables pour accomplir des tâches quotidiennes. A 145 ans, sans canne ni aucun autre soutien, ils peuvent jouer au volleyball avec des “jeunes” de 70 ans, ensuite sans repos procéder à d’autres occupations à plus de 400 mètres de haut, souvent par voies rocheuses et montagneuses.

On parle beaucoup de “secrets de la longévité et du bien-être” de ce peuple. Des secrets qui, à priori, ne nous sont pas étranger. En fait, l’on peut dire que ce ne sont plus des secrets. Qui ne connais pas qu’une bonne santé est grandement tributaire à une habitude alimentaire saine et equilibrée? Les médecins ne nous preconisent-ils pas de l’exercice physique régulier afin de garder la forme? Et quid de la consommation d’alcool et du sucre?

Le Cancer Association Mauritus (CANMA), sur son site web, fait état de mauvaise habitude alimentaire, des repas non-équilibrés et l’excès d’amidon et de sucre comme étant des facteurs, parmi d’autres, à la base des lifestyle cancers, tels que le cancer de la peau, du sein, de la prostate entre autres.

Eh bien, justement, les Hunzas sont tres méticuleux quant à leur alimentation. Ils sont essentiellement végétariens. Ils pratiquent la frugalité. Ils observent le jeûne régulièrement, au moins une fois par semaine. Ils ne prennent que deux repas par jour, surtout des repas simples et légers avec des céréales, de l’orge, du millet, du sarasin entre autres. Ils consomment beaucoup de légumes frais, de préférence crus, comme la pomme de terre, le pois, le haricot, les carotte, le navet, les courges, les épinards, les laitues. Ils raffolent les fruits comme la pomme, la poire, la pêche, la cérise et surtout l’abricot. Le noyau d’abricot est particulièrement prisé. Durant une bonne partie de l’année, entre deux à quatre mois, ils ne se nourissent que du jus d’abricots.

Selon certaines études repertoriées par l’American Cancer Society, la consommation de l’abricot expliquerait l’absence de cancer parmi les Hunzas. Il semblerait que ce fruit contient de l’amygdaline (vitamin B-17), une substance qui aurait des propriétés anticancéreuses.

Ce peuple ne consomme pas d’alcool ni de sucre. Sa consommation du sel et des produits laitiers est en quantité modérée. En ce qu’il s’agit de la viande, elle est consommée en petites quantités et en des occasions très rares, durant les fêtes ou les noces. Ils boivent abondamment l’eau glaciaire provenant directement des montagnes. Ils s’en servent aussi pour se laver, se baigner, ce qui leur donne une peau brillante. La consommation de cette eau pure, riche en minéraux, expliquerait encore, s’il le fallait, pourquoi les Hunzas jouissent d’une santé hors-commun. En general, l’eau de source est naturellement alcaline avec un pH d’un peu plus de 8 (sur une échelle de 0 à 14, avec 7 étant neutre; en dessous de 7 étant acide et audessus, alcalin), ce qui, d’après divers études scientifiques, ne favorise pas la prolifération des cellules cancéreuses.

Les Hunzas sont actifs à longueur de journée avec des tâches qui les mènent à plus de 20 kms en terrains montagneux. Ils pratiquent le sport tel que le volley ball, le polo, la natation et s’adonnent régulièrement au yoga, à la meditation et à l’exercice de respiration profonde.

Cependant tout n’est pas pour le meilleur du monde. Il y a aussi d’autres études scientifiques contredictoires au mythe de la longévité et de la jeunesse éternelle. Le Dr John Clark, géologue Americain de renom, par example, qui a passé une vingtaine d’années parmi cette tribu, estime pour sa part, que les Hunzas ne sont pas si différent qu’on ne le pense. Ils sont aussi sujets à des maladies. Ils comptabilisent leur âge, non par par le nombre d’années à partir de la naissance, mais plutôt en estimant leur degré de sagesse et de leadership.

Mais toute cette histoire est racontée par rapport aux divers études sur le terrain depuis déjà une cinquantaine d’aneées de cela, voire presqu’un siècle, à un moment où les hunzas étaient totalement isolés du reste du monde. Sans contact, ni influence de l’extérieur, ils menaient une vie de campagne en toute quiétude. Il n’y avait pas de commerces, pas d’hopitaux, ni de prisons. De nos jours tout semble avoir pris une nouvelle tournure.

Quoi qu’il en soit, les Hunzas restent un peuple qui a su préserver sa culture et son mode de vie loin de la civilization moderne. Toujours de bonne humeur, avec un tempérament modeste, agile et sans stress apparent, ce peuple semble jouir d’une bénédiction divine particulière pour arriver à se composer avec la nature et l’air fraiche au fond de la vallée du fleuve Hunza, en toute isolement. De quoi faire rêver les plus téméraires.

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News le 19 Juillet 2018.


[RODRIGUES] – Phénomène météorologique distinct

avril 8, 2018

Une photo d’un phénomène météorologique (apparut dans les parages de Camp Pintade au nord-ouest de l’ile) affichée sur les réseaux sociauxm a donné lieu à toute sorte de spéculations. Si certains pensent que ça pourrait être l’effet du changement climatique, d’autres par contre, ébahis, sont plus scéptiques, croyant à l’apocalypse ou l’approche de la fin du monde. Surtout que l’ile a été copieusement arrosée pendant ces quelques jours donnant lieu à des radiers submergés, les rues et les habitations inondées.

C’est pour dire combien la rareté d’un phénomène, pourtant commum dans certaines régions du monde durant une certaine période de l’année, notamment l’été, peut révéler une méconnaissance des caprices du temps. Il s’agit du “trombe” ou “tornade”. Ces deux termes désignent la même chose.

Une tornade est un tourbillon de vents violents qui se développent sous la base d’un nuage d’orage, appellé cumulonimbus, et s’étend jusqu’à la surface de la terre. Une colonne d’air en forme d’entonnoir apparait dans un ciel sombre avec des nuages gris.

Le terme tornade est utilisé lorsque les tourbillions se produisent sur la surface terrestre où ils sont de forte intensité. Quand ce phénomène se produit en mer on l’appelle “trombe”, ou “trombe d’eau” dans le jargon local. On peut l’observer généralement dans les régions côtières à travers le monde.

Les trombes se développent dans les eaux chaudes de la mer quand l’air fraiche se déplace à travers les eaux, provocant une différence remarquable de température entre l’eau chaude et l’air fraiche envahissante. Elles sont petites (de quelques mètres à plusieurs dizaines voire centaines de mètres), de courte durée (de 2 à 20 minutes ou même plus dans certains cas) et moins dangereuses que les tornades terrestres. Elles se déplacent à une vitesse de 18 à 28 km/h.

Ces phénomènes sont occasionnés par les orages dans des conditions atmosphériques très instables. Dans ces cas la température décroit rapidement avec l’altitude et par rapport à une importante variation du vent avec l’altitude.

Les tornades par contre se déplacent à une vitesse d’environ 50 km/h, mais peuvent aussi dépasser les 100km/h. avec des vents pouvant atteindre au-delà de 400 km/h. Les dégats causés par une tornade peuvent êtres plus importants que ceux par un cyclone.

Comme les tornades, les trombes peuvent causer des dégats matériels immenses en emportant tout dans leur passage. Elles sont difficiles à prévoir. Il faut donc s’en méfier et rester à l’abri.

Selon les recherches dans ce domaine le lien entre les tornades ou trombes et le changement climatique est encore flou à ce stade. Il n’est pas question non plus d’apocalypse, puisque c’en est un parmi d’autres phénomènes météorologiques avec le potentiel de destruction considérable.

Note: Article de l’auteur paru dans This Week News le 7 avril 2018.


Un Jubilé d’Or Taché pour une Histoire de Platine

avril 8, 2018

Le pays s’apprête à féter dignement sa 50eme année de libération du joug colonial. Et voilà qu’une histoire de carte platine vient tout chambouler. 50 ans, ce n’est quand-même pas 50 jours. 50 ans marqués par des hauts et des bas, et dans une certaine mesure, de mensonge, d’appropriation des biens d’autrui, de vendetta politique et des agissements mafieux.

Avec des debuts tumultueux le pays a connu un développement et une stabilité soutenus jusqu’à la veille de ses 50 ans caracterisée par des scandales sans précédent au plus haut sommet de l’Etat. L’histoire ne saurait être complète sans revenir sur certains évènements phares, bons comme mauvais, qui ont marqué ce demi-siècle d’indépendance.

J’esquisse ici, en guise de chronologie brève, la succession des évènements politiques majeurs de 1967 à ce jour selon qu’a vécu l’auteur de cet article.

Le moment solennel

L’on se souviendra longtemps encore du 12 Mars 1968 quand le Union Jack fit place au quadricolore mauricien à midi pile au Champs de Mars. La cérémonie, plus qu’un symbole, avait lieu sous les regards passionnés des personnalités d’ici et d’ailleurs, sans oublier les milliers de citoyens de différents coins du pays qui s’étaient déplacés pour la circonstance. Un moment solennel que malgré tout beaucoup, comme moi d’ailleurs, n’a pas eu l’occasion d’assister sur place et dû se contenter des images télévisées plus tard chez le voisin plus fortuné. La télévision venait d’être introduite au pays et n’était un privilège que pour certains plus aisés. Le “glory to thee motherland” au moment ou le quadricolore était hissé en haut du mat, sera à jamais gravé dans la mémoire des compatriotes.

Les éléctions d’août 1967, qui devait décider du statut du pays, témoigna la victoire du parti du l’indépendance constitué du Parti Travailliste (PTr, dirigé par Sir Seewoosagur Ramgoolam – SSR), Comité d’Action Musulman (CAM de Sir Abdool Razack Mohamed), l’Independent Forward Bloc (IFB des frères Bissoondoyal), sous la houlette de (SSR), sur l’opposant principal de l’indépendénce qu’était le Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD) de Sir Gaëtan Duval (SGD).

Après la plébiscite de l’alliance dirigée par SSR, on se prépare à officialiser le statut d’indépendent qui devait se concrétiser le 12 Mars 1968 par une célébration digne de ce nom. Mais, voilà que le pays est confronté à une bagarre raciale avec des émeutes sans precedent vers la fin de 1967. C’était une période très sombre ou on devait déplorer plusieurs tueries, ciblés entre deux communautés. L’état d’urgence est instauré et la tension est vite circonscrite avec l’arrivée des troupes armées britanniques. En l’espace de quelques semaines la Knight Shropshire Light Infantry (KSLI) établit l’ordre et la paix.

Comme tout nouveau-né, le pays connaitra des balbutiements. Quelques temps après, le 3 decembre 1969, le PMSD se joint au gouvernement et les éléctions qui devaient avoir lieu à l’échéance de 5 ans en 1972 sont renvoyés comme condition préalable. Avec cet arrangement et la contribution effective de Sir Gaëtan Duval, ministre, le pays va connaitre une période de développement hors pair. La zone franche est mise en place. Ce qui déclenche la machinerie vers l’industrialisation et le tourisme pour absorber toute la main-d’oeuvre disponible dans le pays avec pour résultat le soulagement du problème épineux de chômage. Beaucoup de femmes au foyer se trouve du coup à l’usine, ce qui contribuera énormément à l’épanouissement familial et social des gens au bas de l’échelle.

Qui ne se souvient pas du fameux “Solange amène mo diary” que SGD avait lâché lors d’une campagne éléctorale. L’industrie de la construction connaitra un essor considérable; les batiments champignonneront; le pays deviendra un chantier. Si SSR était connu comme le père de la nation ou de l’indépendence, SGD était lui perçu comme le père du développement industriel et touristique.

La naissance du MMM (Mouvement Militant Mauricien)

Mais le vide laissé dans les bancs de l’opposition par le PMSD donnera lieu à l’émergence de nouvelles idéologies visant à redéfinir la nation mauricienne vis-à-vis de ce qu’on percevait comme l’escalade vers la dictature avec le “one party system” suite à la coalition. Une entité, connue comme le club des étudiants militants, est mise sur pied, qui deviendra par la suite un parti politique. Le Mouvement Militant Mauricien (MMM) est né sous le leadership de Paul Berenger, co-fondé par Jooneed Jeerooburkhan, son frère Chafeek et Dev Virahsawmy et d’autres figures de proues.

Il va adopter le symbole de coeur et la couleur mauve pour démontrer qu’il a à coeur les intérêts des citoyens, surtout ceux au bas de l’échelle. D’ailleurs la lutte des classes était une des preoccupations majeures à cette époque.

Des manifestations vont se poursuivre contre l’arrivée d’un ministre français, Michel Debré et celle de la princesse Alexandra, qui aux yeux des militants ne représentaient pas les idéaux d’un pays independent.

Le créole comme moyen de communication

Déjà ce nouveau parti parle de la pertinence du créole comme moyen officiel de communication. Des alphabets créoles sont esquissés et on commence à utiliser le créole quelque peu discrètement, dans certains milieux scolaires (du moins dans l’établissement que je frequentais à l’époque; d’ailleurs certains etudiants, surpris, ne pouvaient croire qu’un prof qui s’exprimait tout le temps en anglais, utilise le créole tout d’un coup). Mais ce mode de communication n’a pas fait long feu avec les enjeux politiques majeurs: s’oragniser pour faire en sorte de participer aux élections à venir. Avec l’organisation des travailleurs dans tous les secteurs de l’économie, le MMM forme une aile syndicale et gagne de plus en plus de terrain. Il devient vite redoubtable avec sa force d’organisation et son slogan “ene sel lepep ene nation”.

Donc l’avènement d’un dictionnaire en langue créole aujourd’hui est sans doute le fruit d’une lutte commencé il y a de cela 50 ans, avec le MMM. Témoin de cet episode, je me souviens quand je devais faire la liste des achats pour la ration mensuelle pour la famille (c’est moi qui m’en chargeais), j’avais utilisé le système d’écriture que j’avais appris avec mon prof du secondaire, Chafeek Jeeruburkhan. Et le chinois de la boutique du coin avait du mal a lire. Comme quoi il faut donner le temps au temps.

Mais le combat pour la langue créole sera repris par LALIT, autre parti de gauche né dans la différence d’idéologie, dirigé par Ram Seegobind. D’ailleurs toutes ses communications se faisaient en créole à travers des brochures et même un journal, que le parti tirait avec l’aide de son department, l’Education Pou Travailleurs (LPT).

L’éducation gratuite

L’éducation gratuite est annoncé en catastrophe la veille des éléctions générales de 1976 par SSR, politicien chevronné, qui sentait venir la défaite. D’aucuns disaient que c’était un coup de tête du leader du PTr pour sauver l’éléction de sa troupe.

Les elections auront lieu avec une lutte à trois. Le MMM remportera la victoire qui sera, malheureusement pour lui, insuffisante pour former un gouvernement. Le PTr et le PMSD se joignent pour un nouveau gouvernement de coalition. L’éducation gratuite devient une réalité, comme promis par SSR. L’histoire retiendra de cette décision comme étant une qui a contribué énormément au développement socio-économique du pays.

Il importe de faire cette parenthèse pour mieux situer le contexte dans lequel est établi l’éducation gratuite, mais aussi l’origine de la notion du créole comme langue nationale qui ne date pas d’hier, mais bel et bien dès la naissance du MMM.

Un demi-siècle d’indépendence donc. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis. De l’industrie sucrière qui était l’épine dorsale de l’économie du pays aux développements à la pointe de la technologie aujourd’hui, le “star and key of the Indian ocean” a connu une transformation radicale sans précédent.

Entre temps le PTr connaitra des dissidences. Harish Boodhoo, membre influent au PTr ralliera des contestatires et se retirera de cette instance et du government pour former son propre parti le PSM (Parti Socialiste Mauricien) avec comme symbole une main et la couleur blanche. Le PSM s’alliera avec le MMM pour les élections générales de Juin 1982.

 L’épisode 60-0

1982 sera un tournant décisif dans l’histoire du Dodo land avec le fameux 60 zéro, tous les sièges étant raflés par le MMM-PSM contre le PTr-PMSD. Un résultat spectaculaire. Sir Anerood Jugnauth (SAJ) devient Premier ministre (PM) selon l’arrangement electoral, Harish Boodhoo, Vice Premier ministre et Paul Berenger, ministre des finances.

C’était la consécration d’une longue lutte acharnée menée par le MMM surtout en faveur des plus démunis. Une nouvelle ère qui allait ouvrir la voie au mauricianisme avec le slogan “ene sel lepep ene sel nation”. Une décision phare sera enterinée et entrera dans l’histoire du pays: La constitution sera amendée pour rendre obligatoire les éléctions générales à chaque échéance de 5 ans.

La cassure

Mais l’euphorie n’aura été que de courte durée. Une période difficile guette le pays selon Paul Berenger qui dira, après un constat, que la caisse de l’Etat est vide. Dans la conjuncture le gouvernement fait appel à la responsabilité et une discipline de rigueur collective et exhorte la population de serrer la ceinture. SAJ ira jusqu’à demander à la population de “mange manioc” (comme avaient fait nos ainés dans des moments difficiles).

Dans la confusion des défis énormes face à des contraintes budgétaires, le gouvernenent est vite divisé sur des décisions politiques majeures. Le MMM, sous la férule de Paul Berenger, quitte le gouvernement quelques mois seulement après la victoire sans appel. SAJ restera aux commandes avec quelques dissidents du MMM et les élus du PSM. Ce parti sera par la suite dissous en faveur d’une autre formation, le Mouvement Socialiste Militant (MSM) sous le leadership de SAJ.

Des éléctions anticipées auront lieu en 1983. SAJ et son équipe seront plébiscités pour un autre mandat. Il gagnera les éléctions subséquentes et restera au pouvoir jusqu’a 1995. A partir de là le MMM occupera pour longtemps les bancs de l’opposition.

Sous le leadership sévère de SAJ et sa politique de rigueur, souvent menaçant de couper le doigt ou la langue aux révolutionnaires, le pays connaitra un développement accru. C’est pour ça que beaucoup considère SAJ comme le père du développement économique.

Le Welfare State maintenu

50 ans après, on peut être fier d’avoir bénéficié de l’éducation gratuite, mais pas seulement. La santé gratuite a été maintenue, malgré les défis énormes. En plus est venu s’ajouter le transport gratuit pour les etudiants et les personnes agées. Un pas gigantesque, là où les anges craignent de marcher. Une décision de Navin Ramgoolam alors Premier ministre, qui a suscité beaucoup de critiques de la part de ses adversaires, surtout le MSM. Ce demi-siècle d’indépendance a temoigné la  mise sur pied de l’offshore, l’Ebène cybercity, le Midlands Dam, le Bagatelle Dam, les hypermarchés avec des centres commerciaux modernes rien à envier à ceux d’ailleurs. Le paysage infrastructurel connaitra des développements avec la réfection des routes existantes el la construction de nouvelles voies pour faciliter la fluidité de traffic à travers l’ile. L’aéroport et le port seront rénovés pour accueillir des gros porteurs. La liste est longue.  Apres le décès de SGD en mai 1996, le PMSD connaitra des moments difficiles, différents dirigeants voulant s’approprier du coq, le symbole du parti. Maurice Allet sera le leader pendant un certain temps. Mais finalement ce sera Xavier Duval, fils de SGD, qui prendra la relève après avoir évolué pendant un moment au sein de son propre parti le PMXD.

Les dernières années du demi-siècle

Mais les élections de 2014 donneront une toute autre dimension au paysage politique. L’alliance LEPEP constituée du MSM, du PMSD de Xavier Duval et du ML (Mouvement Liberateur, dissident du MMM avec en tête Ivan Collendavelloo), gagne une victoire écrasante face à l’alliance PTr-MMM. Il semblerait que la population ait voté contre le projet d’une deuxième république proposé par Navin Ramgoolam et Paul Bérenger.  Le Président de la Republique, Kailash Purryag sera forcé de prendre la porte de sortie à l’expiration de son mandat pour faire de la place au Dr Amina Gurrib-Fakim. S’ensuivra ensuite différents bouleversements politiques qui marqueront, tâcheront même (l’on serait tente de le dire), à tout jamais les dernières années de ce demi-siècle d’indépendance. A commencer par la découverte de Rs 220 millions dans un coffre chez l’ancien Premier ministre pour ce qui a été perçu comme une vendetta politique. Arrêté et incarcéré comme un vulgaire criminel sous divers chefs d’accusation, Navin Ramgoolam a vu pas moins de 9 des 11 charges retenues contre lui être rayées en cour de justice. Par contre Pravind Jugnauth, lui, sera inculpé par la cour intermédiaire pour conflits d’intérêts liés à la vente de la clinique Medpoint quand il était ministre des finances. Il écopera d’une année d’emprisonnement converti par la suite en travaux communautaires. Il sera innocenté après son appel à la cour suprême. Mais le DPP (Director of Public Prosecutions) décide de faire appel au Privy Council contre ce jugement en appel. L’affaire représente, pour certains, comme une épée de Damoclès sur la tête de Pravind Jugnauth, ce qui ne l’empêchera pas pour autant d’être propulsé au poste de PM par son père qui, du coup, décide de se retirer comme PM. Ce dernier occupera le fauteuil de ministre mentor crée dans la conjoncture. Dans le sillage de ce qui a été perçu comme une chasse aux sorcières, le peuple a assisté impuissant au démantèlement (car c’est comme ça que le citoyen lambda l’a perçu) d’un des joyaux de l’économie mauricienne. La licence d’opération du Bramer Bank, filial du BAI group que l’on surnommait l’empire de Dawood Rawat, President Emeritus du group, qui était sous la loupe de l’alliance MSM-PMSD-ML dès leur victoire aux éléctions de décembre 2014, a été tout bonnement résilié début avril 2015 à vitesse d’éclair au milieu d’une nuit fatidique. Raison évoqué : elle opérait (selon les dires de ceux qui ont déclenché cette opération) un ponzi ou un ponzi-like scheme (on ne sait pas trop, il n’y a pas eu d’explications crédibles jusqu’ici), bref pour des raisons encore flous aux yeux de peuple admirable. Les biens du groupe valant plusieurs milliards de roupies seront appropriés pour une roupie symbolique (que Dawood Rawat était contraint d’accepter sous peine de voir ses filles et familles dans la merde) et vendus pour des prix bien en deçà de leurs valeurs réelles selon des observateurs. La suite, on la connaît tous.

La succession des scandales 

Entre temps à la suite d’un différend sur un projet de loi visant à restreindre le pouvoir de DPP, le PMSD claque la porte du gouvernement. Cela n’affectera pas la majorité de LEPEP amputée. Le ML occupera désormais une position plus importante au sein du gouvernement. Le MSM et le ML continueront leur parcours ensemble non sans heurts.  Pravind Jugnauth disait l’autre jour, le 5 mars 2018 plus précisément, lors d’une cérémonie culturelle organisée par la fédération chinoise : « Jamais auparavant aucun gouvernement n’a été aussi proactif. Jamais auparavant aucun gouvernement n’a accompli autant en si peu de temps. »  Avec les évènements qui se sont succédés sans répit l’on peut aussi dire ceci : Jamais auparavant il n’y a eu autant de scandales (quelqu’un disait sur facebook qu’on en est arrivé à environ 66) en si peu de temps. Jamais auparavant il n’y a eu autant de démissions ou de « step down » en si peu de temps des ministres et PPS supposément mêlés dans des cas qui donnent de quoi frissonner la bonne gouvernance du pays. Et jamais, à tout jamais, n’a-t-on eu un Premier ministre sans plébiscite du peuple. D’aucuns le surnomme Premier ministre l’imposte ou même dadak (comme caricaturé par certains) pour avoir été propulsé à cette fonction. Est-ce qu’on peut oublier les parades de certains députés et autres, PPS devant la Commission d’enquête sur la drogue présidée par lex-Juge Lam Shang Leen ? Et comment peut-on passer sous silence l’agissement d’un certain élu du peuple qui s’est permis d’envoyer, à partir de l’enceinte sacro-sainte du parlement, des textos peu recommandables en guise d’avance à une certaine personne ? Et le ministre accusé de pots-de-vin ? L’autre d’avoir brandit une menace au leader de l’opposition lors d’une cérémonie religieuse, mais aussi d’avoir utilisé un langage pour le moins haineux vis-à-vis une communauté lors d’une réunion à son bureau. Un autre qui se serait associé à un escroc présumé et aurait facilité son déplacement vers divers pays pour des transactions jugées douteuses. Quid de l’autre qui disait : « J’ai regardé Alvaro Sobrinho (ndlr : un certain milliardaire Angolais connu internationalement pour ses frasques alléguées d’escroquerie et de détournement des fonds) dans les yeux et j’ai eu confiance en lui. » La liste est tellement longue qu’elle dépassera le cadre de cet article. Force est de constater qu’on n’arrive pas à cerner toutes les frasques des élus et des protégés sous ce gouvernement qui avait pourtant promis de gouverner autrement. Ils semblent avoir perdu la notion d’honorable. L’on serait tenté alors de se demander à quoi ça sert d’avoir un ministère de la bonne gouvernance et par ricochet l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), l’Equal Opportunities Commission (EOC), la Financial Services Commission (FSC), pour ne citer que ceux-là, quand on n’arrive pas à contrôler ce qui se passe autour de soi, quand il y a tant de cas de malversations en suspens. Cette veille de demi-siècle d’indépendance c’est aussi le pire des moments que le pays ait connu comme dirigeants et non des moindres. Jamais auparavant il n’y a eu un chef d’Etat, pointé du doigt pour une association avec des gens controversables, dans le cas présent, ce même Alvaro Sobrinho aux réputations douteuses. Quid de la notion de « due diligence » au sommet avant toute relation opaque ?

La Présidence a été trainée en pâture, contre son gré, pour des agissements qui ne font pas honneur à l’institution qu’est l’Etat. Des allégations de conflits d’intérêts ont, qu’on le veuille on non, porté un sale coup à l’intégrité et la crédibilité de la Présidence. N’est-elle pas supposé être garante de la constitution et de la bonne marche de la democratie?

Un platinum card emis en son nom pour le compte de Planet Earth Institute (institution parrainée par Alvaro Sobrinho), dont elle était la vice-présidente au moment des faits, serait à l’origine des moments fâcheux du titulaire. Il nous revient qu’elle l’aurait utilisé à des fins personnels au lieu du but pour lequel la carte aurait été émise, celui de promouvoir les objectifs de l’institution comme allegué. On peut se ficher  de la crédibilité, l’intégrité et l’honneur de la personne qu’est la Présidente de l’Etat. Est-ce qu’on peut en faire autant en ce qu’il s’agit de ceux de la République, surtout dans le contexte des célébrations des évènements phares de notre histoire?

Les partis de l’opposition ont annoncé un boycott de ces célébrations si la Présidente serait toujours en poste d’ici là. Donc le 50eme anniversaire sera-t-il un jour faste ou un jour noir pour le pays? La conjoncture s’apparente bien au dicton d’un jargon local: “ene mouche in tombe dans dilait”.

Note: Cet article a été publié le 10 mars 2018 dans This Week News


Se protéger contre l’orage

février 20, 2018

Différentes régions du pays ont été frappées par l’orage ces derniers temps non sans causer des victimes et des dégats matériels considérables. Selon les informations, deux personnes se trouvant sur la plage à Flic en Flac ont été touchées samedi dernier. Il y a aussi le cas d’une maison dans la région de l’est qui a été la proie des flammes, apparemment dues à la foudre qui s’est abbatue dans la region. Un cycliste n’a pas été épargné non plus quelque temps de cela du côté Albion. Le réseau éléctrique a été endommagé dans certains endroits. L’orage fait vraiment peur.

En général dans notre région, la période des orages s’étend de décembre à avril, qui est aussi la saison de l’été, propice à la formation des nuages qui donnent lieu aux orages frequents. D’après les statistiques, l’orage se produit environ trois fois en un mois et 17 jours par an. La saison d’hiver ne favorise pas la formation de ces nuages redoutables, l’air étant fraiche sous l’effet des alizés.

Les caractéristiques de l’orage

L’orage est un phénomène atmosphérique caractérisé par des manifestations éléctriques, comportant la foudre (éclair) et le tonnerre, accompagné souvent de fortes pluies, des vents forts et parfois de la grêle. Il survient lorsque l’atmosphère est instable. L’air chaud et humide sous l’effet surtout des brises de mer, se lève pour former des nuages qu’on appelle les cumulonimbus à forte extension verticale. Ces nuages, qui peuvent atteindre jusqu’à 12 km en altitude, deviennent hautement chargés d’électricité et sont connus comme des nuages qui provoquent de l’orage.

Sous l’effet de l’air ascendant les charges se dissocient en des charges positives qui se concentrent vers le haut et des charges négatives vers le bas des nuages. Lorsque ces charges entrent en contact les unes contre les autres, elles produisent des décharges éléctriques et des étincelles énormes en forme de flashes éléctriques lumineux qu’on appelle la foudre ou l’éclair. Ces décharges provoquent l’expansion de l’air en frayant un chemin vers le sol et créant une onde sonore qu’on appelle le tonnerre.

On entend le grondement de tonnerre quelques secondes après la visibilité de la foudre. Ceci parce que la lumière se déplace plus vite que le son. La température de l’air au point du décharge éléctrique peut atteindre jusqu’à 27 000 °C. Cela donne une idée de l’intensité de la chaleur emise et l’étendue du danger qu’elle représente.

Parfois on ne voit que la foudre sans le tonnerre. Pourquoi ? Eh bien, la réponse est simple. L’orage est loin, trop loin pour être entendu par l’oreille humaine. Généralement l’orage n’est pas audible au-delà de 10 km.

Si on entend le tonnerre et que l’on veut calculer la distance approximative (en km), on n’a qu’à diviser par trois le temps écoulé (en secondes) ou le délai entre le moment qu’on apeçoit la foudre et le moment où l’on entend le tonnerre. Pour trouver la distance en milles, diviser le délai par 5.   Et si un craquement assourdissant se fait entendre presque momentanément après un éclair, alors il est plus que probable que l’orage est juste au dessus ou très proche de là où l’on est. Il faut être très vigilant.

La foudre prend généralement le chemin le plus court vers le sol. Un objet qui est plus près du cumulonimbus est donc la cible privilégiée, comme le sont les arbres, les sommets des montagnes, les immeubles hauts, les antennes de télévision, les pylônes électriques, les bateaux en pleine mer et le point culminant dans une plaine. Donc autant rester loin de ces objectifs durant un orage.

Comment se protéger

Il faut le savoir que la foudre tue; elle peut causer des dommages consequents aux bâtiments et aux structures et peut même déclencher un incendie. Cependant on peut se protéger en suivant des consignes simples:

  • Surveiller le ciel qui s’assombrit, la foudre qui apparait et des vents qui augmentent. Tout cela constitue des signes précurseurs d’un orage. S’informer sur la situation météo. Ne pas attendre la tombée de la pluie.

 

  • Se mettre à l’abri le plus vite dans un endroit sûr dès qu’on entend le tonnerre,

 

  • Si on est en mer se diriger vers la rive et trouver un abri immédiatement.

 

  • Dans une zone dégagée comme dans une plaine, il faut s’accroupir sans s’étaler à plat pour minimiser le contact avec le sol

 

  • S’éloigner de tout arbre, se mettre à une distance au moins deux fois la hauteur de l’arbre.

 

  • Dans une forêt, chercher un abri dans une zone basse sous les petits arbres

 

  • Si on est sur une montagne, descendre immédiatement

 

  • Dans un véhicule, rester à l’intérieur. Ne pas toucher les pièces métalliques.

 

  • Ne pas prendre de douche, ni se laver les mains ou les ustensils, pas de lessive non plus, l’eau étant un bon conducteur d’éléctricité.

 

  • Débrancher tous les appareils éléctriques à la maison ou au bureau, ne pas utiliser le téléphone à fil. Le téléphone portable est plus sûr.

 

  • Ne pas se positionner dans des porches ou auprès des portes et fenêtres.

 

  • Protéger la maison ou bâtiment en installant un paratonnerre. C’est un tige metallique vertical en cuivre ou autre bon conducteur d’éléctricité placé au sommet de la maison ou du batiment et relié à la terre, qui sert à conduire le courant directement vers la terre au lieu de passer par le bâtiment. Ce système a été inventé par Benjamin Franklin.

L’on peut considérer que l’orage a cessé ou s’est éloigné si on n’observe plus la foudre ou le tonnerre pendant au moins 30 minutes. On peut ainsi reprendre ses activités normalement.


La tension est palpable

septembre 1, 2017

Un drame humain se joue dans notre belle ile. Révolu le temps où on pourrait se vanter d’une ile paradisiaque. Avec tout ce qu’on témoigne de nos jours, une explosion sociale semble se profiler à l’horizon. Il suffit d’une étincelle. Et c’est sérieux.

Comment peut-on laisser détériorer la sérénité et le bien-vivre des citoyens, ceux-là meme qui avaient “viré mam”? Des familles traînées par terre par des policiers; d’autres transportées d’urgence au soin medical. C’est le scénario pour le moins scandaleux. Le silence du gouvernement face à une action répressive et une approche inhumaine, est retentissant. Fallait-il persister dans la voie de la destruction de tout un paysage qui s’est construit pendant des années de sacrifice de ceux qui aujourd’hui sont devenus des obstacles dans la voie du ‘fameux’ metro express?

Changement, développement, ou modernization? Oui. On n’est pas contre. Mais à quel prix? D’un côté il y a le prestige d’un projet controversé qu’on veut à tout prix imposer à vitesse d’éclair (pour quelles raisons? On attend toujours des explications sur l’implication réelle du projet en terme de financement et de l’impact environnemental), et de l’autre des habitants vulnerables sommés de vider les lieux. Ces habitants-là n’ont -ils pas droit à une vie decente? Y-at-il eu une approche consensuelle? A-t-on favorisé une table ronde pour essayer de trouver une solution à l’amiable? A-t-on bien communiqué avec ceux concernés par la trâcé du rail avant de recourir aux grands moyens pour faire évacuer les gens, aujourd’hui de La Butte et de Barkly, et qui sait d’autres secteurs demain?

A voir les démarches musclées, soldats, helicoptère, bobcat géant et autre bulldozers, sans compter tout l’arsenal policier, on se croirait dans un champ de bataille. Dites donc, ou allons-nous?

N’etait l’intervention des hommes de loi tenaces comme l’Hon Shakeel Mohamed, Me Assad Peeroo et autres, Me Kaviraj Bokhoree sans oublier les politiciens de l’opposition parlementaire et extra-parlementaire, et surtout de la cour, on aurait vécu un drame sans précédent aujourdhui. Et quid du timing? L’heure de “jummah” pour l’opération à La Butte, est-il une coincidence, comme l’a voulu comprendre l’ homme de loi d’un des familles concernées?

Quelqu’un disait bien “never start something you can’t stop”. Et si la situation se débordait? On oublie souvent les épisodes tristes de notre histoire, l’épisode de 1967 juste après les élections générales pour l’indépendance et plus récemment, en 1999 si je ne me trompe, l’épisode Kaya. La situation donne signe d’etre explosive. Il faut que le gouvernement s’en rende compte et ne prétende pas que ces membres doivent rentrer chez eux après une réunion du cabinet (pretextant qu’ils ont finit de travailler), surtout quand la situation l’éxige. Un membre du gouvernement, tout comme un fonctionnaire, doit pouvoir être à la disposition de sa fonction 24 heures sur 24 dépendant des “exigencies of the service”. A-t-on le droit moral (bon, on comprend: « moralité pas rempli ventre ») de se murer au confort de son luxe tandis que certains sont constraints de vivre à la belle étoile?

Quoi qu’il en soit, la semaine prochaine sera décisive avec la position finale de la cour. Rappelons que le premier ministre et deux de ses ministres aussi bien que le commissaire de police sont convoqués à s’expliquer devant le juge.


Quand on n’arrive pas à contrôler sa bouche…

août 4, 2017

Ainsi on peut aisément se tirer d’affaire après avoir menacé quelqu’un de mort et déclaré le jihad. Il suffit de faire l’éloge de la personne visée et se justifier par des affirmations qu’on ait mal interprété ses propos.

S’il vous arrive de vous trouver dans une situation telle notre sheik, soyez rassuré. Vous pouvez, par exemple, dire que la personne censée visée est votre frère; elle est tres proche de vous; elle n’est pas votre ennemie. Qu’elle n’a pas besoin d’avoir peur de vous parce que vous n’avez jamais utilisé un fusil à eau ou craqué un pétard; vous n’avez jamais tué une poule; votre propos a été mis hors contexte ou exagéré par les media qui ont toujours à redire; et c’est fait. Vous n’avez rien à craindre. Et puisqu’on a toujours cette croyance que les ordres viennent d’en haut, la force de l’ordre et la sécurité ne vous inquiétera nullement en dépit d’une déposition en bonne et due forme de la part du plaignant. “Who cares?

Vous pouvez aussi tenir à être présent la tête haute dans une fonction quelconque, et demander aux gens de prier pour vous afin que vous deveniez “ene bon dimoune” (eh bien là vous faites votre méa culpa) parce que parfois vous ne pouvez contrôler vos paroles et votre bouche; et que vous n’avez aucune intention de faire du tort à qui que ce soit.

Ensuite vous vous dirigez vers l’aéroport et prenez l’avion comme un héro (sans souci d’”objection to departure” dans votre cas, bien sûr) sous pretexte de partir vous faire soigner ailleurs parce qu’il n’y a pas assez de compétences chez vous. Votre chef hiérarchique (qui a été parachuté à ce poste sans passer par la filière normale au grand dam de la démocratie) et vos collègues ne feront que regretter vos écarts de langage et vous diront que vous auriez pu faire l’économie de vos propos dont “on a exagéré la portée”. Ce serait pour eux une tempête dans un verre d’eau.

Et si les internautes et autres, facebookers feront des commentaires “désobligeants” à votre égard il n’y a rien d’anormal puisqu’ils ont l’habitude d’écrire n’importe quoi, et pire que ça.

Voyons! On nous fait prendre des vessies pour des lanternes.

Est-ce aussi simple que ça? Est-ce qu’on peut vraiment s’en sortir aussi facilement? A quoi ça sert d’avoir tout l’arsenal policier et legal? Sans cela on aurait pu faire une économie énorme qui servirait dans une grande mesure à payer les clients de SCBG/BAI, et laisser les voyous à leur sale besogne.

Pendant ce temps le gouvernement français appelle ses ressortissants à la prudence compte tenu des agressions récurrentes de touristes ou d’étrangers résidant à Maurice. L’on se demande si l’image du pays n’a pas été ternie encore plus avec les propos qu’a tenu un “senior minister” à l’égard du leader de l’opposition. Quel exemple pour nos jeunes et au monde entier? Quel patriotisme va-t-on léguer?

Alors quand on n’arrive pas à contrôler ce qui sort de sa bouche on gagnerait à appliquer un sparadrap.


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